Du 28 avril au 13 juin 2026, la Cinematek programmera une rétrospective Guy Gilles avec quatre films marquants du cinéaste francais.
Programme:
Earth Light (1970)
Mardi 28 avril à 20h45 + soirée d'ouverture (un verre de vin sera offert par l'Institut francais)
Mercredi 13 mai à 21h30
Wall Engravings (1967)
Dimanche 3 mai à 14h00 + conférence sur Proust
Mardi 19 mai à 21h45
Repeated Absences (1972)
Samedi 9 mai à 15h00
Samedi 13 juin 19h30
Love at Sea (1965)
Vendredi 15 mai à 19h00
Jeudi 21 mai à 16h30
Le cinéaste français Guy Gilles fait l'objet d'une redécouverte ces dernières années. Dans les années 1960, alors que Jean-Luc Godard, François Truffaut, Jacques Rivette et leurs acolytes faisaient connaître la Nouvelle Vague française au monde entier, Guy Gilles n'a jamais réussi à percer. Lorsqu'il est décédé en 1996 des suites du sida, son décès n'a donc suscité ni grand émoi ni éloges funèbres. Comme l'a écrit un critique de cinéma à son sujet : ses films s'adressaient à la fois aux provinciaux et aux homosexuels.
Ses films possèdent un langage cinématographique poétique singulier, où les associations et les impulsions dictent le rythme du montage plutôt que la logique ou la politique. Pour Gilles, le cinéma est une forme d’évasion, car il permet de créer des échappatoires au monde réel. Ses personnages sont toujours sur le point de s’enfuir, tout comme sa caméra, et son montage est fugace. Les personnages de Gilles sont toujours des âmes en quête de leur échappatoire : vers le voyage rimbaudien, l’amour suprême, leur patrie, la drogue ou le suicide. L’une de ses signatures, très révélatrice, est l’alternance entre les séquences en couleur et celles en noir et blanc.
Gilles est né en Algérie de parents français, mais il s’est installé en France à la fin des années 50 et y est resté. Il ne s’est toutefois jamais senti tout à fait chez lui, ni en Algérie ni en France. Ses propres expériences liées à la perte de sa ou ses patries et à son homosexualité transparaissent clairement dans ses films.
Tout comme ses idoles littéraires Marcel Proust et Jean Genet, l’œuvre de Gilles est un travail de mémoire ancré dans un univers fictif, presque mythologique, où l’expérience homosexuelle est davantage une stratégie esthétique latente qu’un thème. Il fait la part belle à la vie intérieure des marginaux, des isolés et des inadaptés. Ses films sont mélancoliques, nostalgiques, énigmatiques et romantiques.