CHERCHEURS FRANÇAIS AU DANEMARK #7 - Julie Courraud

Sciences / Chercheurs français au Danemark

Julie Courraud a suivi des études de pharmacie et de nutrition en France, d’abord à l’Université de Nantes puis de Montpellier où elle a rejoint la filière recherche de l’internat et travaillé en toxicologie et pharmacologie médicale. Après avoir écrit une thèse de sciences sur les caroténoïdes, elle a souhaité poursuivre la voie de la recherche à l’étranger dans le domaine de l’activité physique et a choisi le Danemark notamment pour la qualité de vie. Entre 2015 et 2017, elle a donc fait un postdoc sur le métabolisme des lipides du muscle au sein de Xlab à l’Université de Copenhague.

Fin octobre 2017, elle est recrutée par le Statens Serums Institut (SSI) pour développer l’unité de métabolomique au sein du Centre National de Screening Néonatal du département des Maladies Congénitales. Aujourd’hui, l’unité compte quatre chercheurs. Le SSI renferme également la Biobanque Nationale danoise qui contient tous les échantillons de sang des nouveaux nés du Danemark, Groenland et des Îles Féroé sur lesquels le dépistage de 18 maladies congénitales graves est effectué. La biobanque contient plus de 2 millions d’échantillons que Julie et ses collègues utilisent dans leurs projets de recherche. Grâce à des méthodes d’analyse métabolomique, ils cherchent de nouveaux biomarqueurs pour diagnostiquer d’autres maladies congénitales lors du dépistage des nouveaux nés.

Julie et ses collègues étudient également les effets de différents facteurs prénataux et périnataux sur la santé des enfants, souffrant notamment de troubles psychiatriques, dans le cadre du consortium iPSYCH. Ce consortium, financé par la fondation Lundbeck, a pour objectif d’identifier les causes et de mieux prévenir et traiter les souffrances psychiatriques (autisme, ADHD, schizophrénie, trouble bipolaire, dépression). Les méthodes d’analyse métabolomique permettent en effet l’analyse de composants biochimiques dans le sang dont la présence ou l’absence pourrait témoigner d’un risque accru de développer des souffrances psychiatriques.

Dans le futur, les chercheurs espèrent pouvoir diagnostiquer plus tôt les enfants souffrant de pathologies psychiatriques grâce à ces nouveaux biomarqueurs. Julie travaille tout particulièrement sur le diagnostic précoce de l’autisme.

En 2018, Julie a été à l'initiative de la création du réseau danois de métabolomique clinique, Clime.dk (https://clime.dk/), en collaboration avec des chercheurs de DTU, de l’Université de Copenhague et du Steno Diabetes Center. Ce réseau organise des séminaires locaux et des conférences internationales financées par la fondation Novo Nordisk.

Photo : Nuno Catharina Pedersen